PowerofPositiveThinking

  Les jours passent, le taux d'HCG baisse, les prises de sang sont de plus en plus espacées. Cette fois, c'est bien fini. Il n'y a plus rien. Encore une petite bataille avec le corps médical pour réussir à avoir une échographie de contrôle et on passe à autre chose. Enfin, on essaye. Son corps n'a pas tout compris à ces hormones qui apparaissent puis disparaissent et fait des siennes. Au moins, elle lui a évité ou  l'injection d'un produit inutilement toxique dans son cas ou une chirurgie. Après quelques détours par d'autres services que celui de la maternité, elle dit enfin au revoir aux couloirs de l'hôpital.
Au revoir et à bientôt pour de meilleures nouvelles...

De toute façon, il n'y a rien à dire, rien à faire, c'est comme ça, c'est tout. Point, à la ligne.

Elle voulait aller à un match de foot qui risquait d'être aussi brutal sur le terrain qu'en tribunes. La nouvelle d'un futur bébé avait failli être assombrie par ce soudain empêchement d'aller voir cette rencontre prévue de longue date. Maintenant, plus rien ne la retient. Elle a toujours dit que les choses n'arrivaient jamais en vain et qu'à défaut d'être joyeuses, elles nous apprenaient la vie et nous donnaient des leçons. Cette fois, il y a un petit plus, un petit bonheur vient compenser un grand malheur. C'est toujours ça de pris...

Bizarrement, elle positive parce que c'est la seule façon que tout se passe bien et qu'Elle ne s'enfonce pas au point de se  dire "Je ne veux pas d'enfant, c'est trop dur".
Et puis, c'est vrai, ça fait mal mais...Tant qu'on ne lui dit pas qu'Elle n'aura jamais d'enfant, elle continuera à y croire. Ça finit toujours par arriver.

A ses craintes qu'une telle situation puisse se reproduire va s'ajouter une éternelle question qu'Elle se pose encore aujourd'hui: veut-elle vraiment un enfant?

Après tout, la vie n'est pas si mal à deux. Ils peuvent sortir sans se soucier de rien, ils vont voir autant de matchs de hockey ou de foot qu'ils le veulent sans avoir à trouver une nounou, ils peuvent organiser des soirées au dernier moment, partir en week-end sur un coup de tête et faire le ménage dans la maison une fois par mois si ça leur chante. Ils ne sont responsables que d'eux-mêmes, d'un chien et de six rats. Avec les soucis que zhomme a pour retrouver du travail, elle qui est en CDD et la situation économique actuelle, c'est plutôt un bon point de n'être que deux... Ce serait une pure folie d'avoir un enfant maintenant alors qu'aucun des deux ne sait où il en sera professionnellement d'ici deux ans. Ils ne savent même pas s'ils vont rester dans la maison dont ils sont en train de payer les traites et qu'ils continuent à rénover du sol au plafond. Alors oui, il y a des jours où ils se disent tous les deux qu'il faut mettre un terme à cette fabuleuse et merveilleuse aventure qu'est la conception d'un enfant - Oui, il leur reste au moins un peu d'humeur noir-. Ces jours sont bien trop nombreux pour n'être que de simples moments de doute. Cette décision plane en permanence au-dessus de leurs têtes. Ils veulent ce bébé, ils ne peuvent dire à quel point mais ils n'en peuvent plus. Ils mènent trop de batailles en même temps, ils ne sont même pas certains d'avoir gagné les précédentes et celle-ci ne devrait pas en être une.

Pendant presque trois mois, ils vont adopter la politique de l'autruche. Ils ne vont plus parler de leur désir d'enfant, ils n'aborderont plus le sujet avec personne, ils changeront de chaîne quand le mot "enceinte" sera prononcé, ils fermeront les fenêtres quand ils entendront un bébé pleurer ou les cris des enfants dans la cour de récréation toute proche,  ils changeront de trottoir à la vue d'une poussette et ils feront encore tout juste des câlins aux bonnes périodes. Malgré tout, ils ont besoin d'y croire encore. Croire encore qu'un peu de joie finira par égayer leur vie de triste tête à tête.